Le président de la Transition, le général Mamadi Doumbouya, a officialisé ce mardi 1ᵉʳ avril 2025 la date du référendum constitutionnel : le scrutin se tiendra le « 21 septembre 2025 », selon un décret lu à la télévision nationale par le secrétaire général de la présidence, le général Amara Camara . Cette annonce marque une étape clé dans la feuille de route de la junte, qui s’était engagée à restaurer l’ordre constitutionnel en 2025. Pourtant, des interrogations persistent sur la faisabilité de ce calendrier, tant sur le plan technique que politique, tandis que des divergences au sein du gouvernement alimentent le scepticisme.
Une promesse tenue… mais avec retard.
Dans son discours du Nouvel An 2024, le général Doumbouya avait promis de signer, dès le premier trimestre 2025, un décret fixant la date du référendum . Ce délai n’a pas été respecté, officiellement en raison de retards dans la finalisation du texte constitutionnel et de l’examen du code électoral par le Conseil national de la transition (CNT) . Le choix du 21 septembre laisse désormais cinq mois à la junte pour finaliser les préparatifs, dans un contexte où plusieurs obstacles techniques subsistent :
– La Constitution n’est pas encore adoptée : Le panel d’experts chargé de la révision n’a pas rendu son avis final, et le CNT doit encore l’approuver .
– Le code électoral reste en suspens : Bien que validé par le gouvernement fin février, son adoption par le CNT a pu être ralentie par la période du ramadan et d’éventuels amendements .
– Le fichier électoral biométrique : Un recensement est annoncé pour avril, mais sa durée estimée à 45 jours risque de chevaucher les délais référendaires .
Divergences au sein du gouvernement : optimisme contre réalisme
Alors que le Premier ministre Amadou Oury Bah affirme que « toutes les élections (référendum, présidentielle et législatives) se tiendront en 2025 » , le ministre porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, avait exprimé des doutes dès janvier, évoquant des contraintes climatiques et logistiques.
Une divergence qui reflète les tensions internes sur la crédibilité du calendrier.
L’opposition et la société civile dénoncent une manœuvre pour *prolonger la transition* :
– La nouvelle Constitution pourrait lever l’interdiction pour les membres de la junte de se présenter aux élections, une hypothèse sur laquelle le général Doumbouya ne s’est toujours pas officiellement prononcé.
– Les critiques pointent aussi *la répression accrue* (médias fermés, opposants disparus) et la militarisation des institutions, évoquant un scénario à la tchadienne .
Si la junte tient le 21 septembre, elle devra accélérer les réformes tout en apaisant les tensions. Mais entre les défis techniques, les divisions internes et la méfiance de l’opposition, cette date apparaît comme un pari risqué. Comme le résume un analyste :
Le compte à rebours est lancé, mais la Guinée devra surmonter bien des obstacles pour croire à une transition crédible .





