La transition politique actuelle, marquée par une phase de refondation, exige une approche globale et inclusive pour garantir sa légitimité et son efficacité.
Cette refondation ne peut se réaliser sans la participation active de tous les acteurs politiques, y compris ceux qui sont actuellement incarcérés. En effet, les leaders emprisonnés, quelles que soient leurs affiliations, représentent une partie significative du paysage politique et leur exclusion risquerait de compromettre les efforts de réconciliation nationale.
Une véritable refondation doit également prendre en compte les victimes de tous les régimes successifs, dont les souffrances et les attentes en matière de justice ne peuvent être ignorées. Cette démarche nécessite un équilibre délicat entre la recherche de la vérité, la réparation des préjudices subis et la nécessité de tourner la page pour construire un avenir commun.
Dans ce contexte, l’amnistie apparaît comme un outil potentiel pour faciliter cette transition, à condition qu’elle s’inscrive dans un cadre juridique et moral respectueux des droits des victimes.
Une justice transitionnelle, adaptée aux réalités historiques et sociales du pays, doit être mise en place pour permettre à la fois la reconnaissance des crimes passés et la réintégration des acteurs politiques incarcérés. Cette approche ne vise pas à effacer les responsabilités individuelles, mais à créer les conditions d’un dialogue apaisé et d’une coexistence pacifique.
En intégrant les préoccupations des victimes tout en ouvrant la voie à une amnistie réfléchie, la transition politique pourrait ainsi poser les bases d’une société plus juste et plus unie, capable de surmonter les divisions du passé pour se projeter vers un avenir commun.





